Tobias Warner, Études littéraires africaines, (53), 108–111.

En 2021, Boubacar Boris Diop remporte le prix Neustadt, récompense prestigieuse décernée tous les deux ans. Créé en 1969 grâce à une dotation de la fortune pétrolière de Walter Neustadt à destination des poètes, des romanciers et des dramaturges, le prix prend son nom actuel en 1976. Parmi les autres lauréats figurent, entre autres, Assia Djebar, Mia Couto, Nurrudin Farah, Gabriel García Márquez et Edwige Danticat. Présenté comme l’un des rares prix littéraires internationaux à provenir des États- Unis, le Neustadt est surtout connu pour sa tendance supposée à anticiper le choix du comité Nobel. Boubacar Boris Diop a ainsi été nominé par Jennifer Croft, écrivaine et traductrice qui a elle-même remporté le prix international Man Booker en 2018 pour sa traduction d’Olga Tokarczuk, récompensée par le prix Nobel de littérature la même année. Quant aux autres membres du jury, ils ont été sélectionnés par le directeur exécutif de la revue World Literature Today, Robert Con Davis-Undiano, lui-même titulaire d’une chaire Neustadt à l’Université d’Oklahoma. Si la visibilité du prix semble bel et bien incontestable, on peut s’interroger sur l’appellation récurrente de « Nobel américain » que l’institution reprend volontiers dans ses communications officielles. S’agit-il bien d’un signe de prestige ou au contraire de la compensation d’un certain manque de reconnaissance ? Et que penser de l’attribution de ce prix à Boubacar Boris Diop, dans le contexte de la récente vague de prix décernés aux écrivains africains ?

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